Georges Simenon : le Commissaire Maigret à Porquerolles

Publié le par Cabotages.Méditerranée

«La mer était d’un bleu incroyable, comme on en voit sur les cartes postales, et là-bas à l’horizon, une île s’étalait paresseusement au milieu de la surface irisée, avec des collines très vertes, des rochers rouges et jaunes. Au bout de la jetée en planches, une barque de pêche attendait, peinte en vert pâle, avec un liston blanc.»
Mon Ami Maigret, 1949.

 

Personnage né sous la plume de l’écrivain belge Georges Simenon, Le Commissaire Divisionnaire de la Police judiciaire Française est un fumeur de pipe, peu bavard, un peu lent, et grand amateur de la Blanquette de veau que lui cuisine Madame Maigret. Il mène ses enquêtes à Paris et en Province, à travers une centaine de romans, instantanés inestimables de la France des années trente à soixante. Maigret écoute et essaie de se mettre à la place des gens plutôt que d’accumuler des preuves pour résoudre les énigmes.
Georges Simenon, destiné par sa famille à la prêtrise, se découvre vers l’âge de douze ans une vocation pour l’écriture de roman et une passion pour le sexe opposé.

 

En 1919, à seize ans, il doit abandonner ses études et entre comme reporter à La Gazette de Liège où on lui confie…la rubrique des ‘‘faits divers’’. Il fait l’expérience de l’écriture réactive et sensationnelle et publie sous différents pseudos plus de 150 articles traitant des affaires criminelles et du ‘‘Milieu’’. Plus tard, à Paris, toujours aussi prolifique, il livre ses billets aux hebdomadaires satiriques comme l’Humour, Le Merle Blanc, Frou-Frou… et, en une matinée à la table d’un café, Le Roman d’un Dactylo écrit le premier d’une série de mille romans et contes populaires édités le journal Le Matin.

Il fréquente Colette et le Tout-Paris des années folles, épouse Tigy et devient l’amant de Joséphine Baker qui a vingt ans et danse pour la Revue Nègre. C’est en 1924 qu’il découvre Porquerolles où il loue une villa en 1926. Tigy y meurt en 1985.Le phare de Porquerolles vous accueille à votre arrivée sur l'île

 

Simenon nourrit une passion pour l’eau, les canaux et la mer. Il entreprend des croisières, souvent longues, sur les canaux français, en Méditerranée puis autour du monde. Autant d’occasions de reportages que de lieux d’inspirations. Mais il aime surtout observer la vie des marins et tenir des carnets de bord. Le romancier-vapeur, surnom que lui vaut de pouvoir boucler l’écriture d’un roman en une semaine, se fait construire un cotre de dix mètres baptisé Ostrogoth et passe son brevet de Capitaine au long cours, alors que Tigy s’initie à la mécanique en prévision de futures expéditions. C’est à bord de ce bateau, amarré sur les bords de Seine et où il vit durant plus de deux ans qu’il écrit, à la demande de Joseph Kessel, pour la revue Détectives, une série de nouvelles où apparaîtra pour la première fois, en 1930, l’inspecteur Maigret. Il situera à la Rochelle, qu’il affectionne, au moins quarante titres mais c’est à Lausanne que Simenon meurt à 86 ans, comme il l’a toujours souhaité : ‘‘vieux et enfin apaisé. Innocent comme un enfant de chœur’’

En 1952, de retour des Etats unis où il s’est exilé cinq années, Simenon reçoit officiellement à Paris, au siège de la Police Judiciaire, du 36 Quai des Orfèvres une plaque de Commissaire n° 0000 au nom de Maigret.

 



 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article